Posologie
L’administration se fera plutôt par voie intramusculaire ou rectale (l’administration orale n’est pas un premier choix étant donné que des nausées font souvent partie du tableau clinique).
Il s'agit d'un traitement à court terme (pathologie aigue).
- 75 mg par voie i.m. profonde, à répéter éventuellement une seule fois après un intervalle de quelques heures (1 ampoule dans chaque fesse).
- La dose maximum est de 150 mg par jour.
- L’injection i.m. de 75 mg peut éventuellement être remplacée par l’administration d’un suppositoire, avec un maximum de 150 mg de diclofénac par jour également.
En cas d'insuffisance rénale
- Prudence (réduction de la dose) en cas d’IR légère à modérée.
- Contre-indiqué si IR sévère.
| Clairance de la créatinine (ml/min) | Dose |
| < 90 ml/min | Réduction de la dose |
| < 30 ml/min | Contre-indiqué |
Précautions particulières
- Vu leurs effets indésirables, les AINS ne devraient être utilisés
qu’en cas de rapport bénéfice/risque favorable. En effet, un médicament
avec moins d’effets indésirables est souvent suffisant dans de nombreuses
situations (p.ex. le paracétamol dans l’arthrose ou en cas de fièvre).
Pour les personnes souffrant d’une forme d’arthrite chronique périphérique,
un traitement de fond efficace limite la nécessité d’utiliser des
AINS.
- Les effets indésirables des AINS sont plus fréquemment observés
chez les personnes âgées et ont souvent une issue plus défavorable
dans cette tranche d'âge (voir rubrique “Patients âgés”). L’indication
doit être correctement posée; et la posologie ainsi que la durée de
traitement devraient être limitées autant que possible. Chez la personne
âgée, il est donc préférable d’opter pour un AINS à usage local ou
un AINS à courte demi-vie, comme par exemple l’ibuprofène (demi-vie
de 2 heures). Les oxicams ont une longue demi-vie (entre 35 et 70
heures pour le piroxicam).
- L'association d’un inhibiteur de la pompe à protons (IPP) ou
de misoprostol permet de diminuer la toxicité gastro-intestinale des
AINS, avec un effet protecteur sur les complications d’ulcères telles
que perforation ou hémorragie. Une telle association est recommandée
chez les patients à risque: personnes > 65 ans, avec des comorbidités,
ou avec des antécédents d’ulcère peptique (et certainement des ulcères
hémorragiques ou perforés), et en cas de prise concomitante de corticostéroïdes,
d’acide acétylsalicylique ou d’un autre antiagrégant ou anticoagulant.
Ces mesures réduisent le risque d’ulcères mais elles ne l’annulent
pas complètement.
- Vu que le risque cardio-vasculaire ne peut être exclu pour aucun
AINS, la prudence s’impose chez les patients atteints d’affections
cardio-vasculaires (voir la rubrique “Contre-indications”),
et les patients atteints d’hypertension et à haut risque cardio-vasculaire.
- Chez les enfants fébriles ou douloureux atteints de déshydratation
(en cas de diarrhée p.ex.), il est préférable de ne pas donner d’anti-inflammatoires
tels que l’ibuprofène, vu le risque d’insuffisance rénale aigüe [voir Folia de juillet 2005 et Folia de mai 2018]. Une bonne hydratation est
donc particulièrement importante chez l’enfant déshydraté prenant
de l’ibuprofène.
- Chez l’adulte aussi, lors d'épisodes aigus de déshydratation
(diarrhée, vomissements, fièvre,...) de plus de 24 heures, il faut
envisager une réduction de la dose ou l’arrêt temporaire de l’AINS
pour éviter une atteinte rénale aiguë, en particulier chez les patients
vulnérables et ceux prenant un diurétique, un IECA ou un sartan.
- La teneur en sodium des préparations effervescentes (comprimés,
poudres, granulés) peut poser problème chez les patients sous régime
pauvre en sel.
- Une étude observationnelle récente signale une augmentation
des maladies cardiovasculaires et de la mortalité en cas d'utilisation
chronique de médicaments riches en sodium (voir Folia de mai 2023).