Sélections
Système respiratoire :
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Exacerbation aiguë sévère de BPCO (ou exacerbation aiguë de BPCO et les β2-mimétique à courte durée d'action ou anticholinergique à courte durée d'action seuls ou en association n’ont pas eu d’effet suffisant.
- Crise d'asthme aiguë sévère.
Pathologies ostéo-articulaires :
- Crise de goutte aiguë : choix entre colchicine, ibuprofène et méthylprednisolone, en fonction des caractéristiques du patient.
Motivation
MOTIVATION POUR LA SÉLECTION
-
Crise d’asthme aiguë sévère et BPCO - exacerbation aigüe :
- Dans le traitement des exacerbations aiguës sévères de l'asthme, l'effet positif des corticostéroïdes systémiques n'est guère controversé.
- En cas d'exacerbation aigue sévère ou en cas d'exacerbation aigue avec effet insuffisant après instauration ou augmentation de la dose des bronchodilatateurs à courte durée d’action, il est recommandé d’instaurer un traitement par corticostéroïdes systémiques. Cet avis repose sur les données suivantes : effet favorable au niveau spirométrique et clinique, bénéfice même sur des durées courtes (5j versus 10 à 14 jours), proposé en traitements court dans les recommandations.
- Les deux indications sont des traitements de courte durée (5 jours), le risque d'effets secondaires est donc relativement limité.
-
Crise de goutte aiguë :
- Une synthèse de la littérature publiée en 2017, souligne le faible nombre d’études comparatives versus placebo et conclut à des preuves d’efficacité équivalente de la colchicine, des AINS et des corticostéroïdes dans le traitement de la crise de goutte.
- Le choix préférentiel parmi les traitements médicamenteux sera individualisé en fonction des effets indésirables potentiels et du bénéfice de précédents traitements de crise de goutte.
- Avec la méthylprednisolone, prudence en cas (e.a.) de diabète, d'hypertension, d'insuffisance cardiaque ou d'ulcère peptique.
| | Indication |
| Crise d'asthme aiguës sévères ou exacerbation de BPCO - traitement court (sous conditions) | Crise de goutte |
Critères de sélection | Efficacité | + | + |
| Sécurité | + | +/- |
| Facilité d'emploi | | |
| Coût | | |
Consensus d'experts | + | + |
Posologie
Asthme et BPCO :
- pendant 5 jours.
30 à 40 mg par jour
Crise de goutte aiguë :
-
32 mg par jour (le matin) pendant 5 jours.
Le traitement de courte durée peut être arrêté brutalement.
En cas d'insuffisance rénale
- Pas d’adaptation de la dose nécessaire.
Précautions particulières
- Voir aussi Folia de février 2024
- Etant donné les effets indésirables des corticostéroïdes, les
doses doivent être les plus faibles possible et la durée de traitement
la plus courte possible.
- La prudence s'impose surtout chez les patients atteints d’obésité,
de diabète, d'ostéoporose, d'une hypertension sévère, d'insuffisance
cardiaque, d’ulcère peptique, d'antécédents psychiatriques et chez
les patients présentant des risques infectieux. Il en va de même pour
les patients qui prennent concomitamment une héparine de bas poids
moléculaire ou un anticoagulant oral direct.
- Une surveillance de l’INR est à prévoir lors de l’instauration
et l’arrêt d’un traitement corticostéroïde, chez les patients qui
prennent un antagoniste de la vitamine K.
- Après un traitement corticostéroïde de plus de 3 semaines, ou
à doses élevées pendant plus de 1 semaine (≥32 mg méthylprednisolone
ou équivalent/j) ou répétées (> 3 cures/an), une insuffisance surrénale
secondaire peut se manifester. Ceci surtout à l'arrêt du traitement,
mais parfois aussi des mois plus tard, dans une situation de stress
(infection, traumatisme ou chirurgie). L’insuffisance est généralement
réversible mais elle peut persister pendant plusieurs mois. L’éducation
du patient à ce risque est utile et importante. Une réduction progressive
de la dose peut être nécessaire (voir rubrique “Posologie”). Une reprise
(ou une augmentation) temporaire de la dose de corticostéroïdes est
également parfois nécessaire en cas de stress ou d'intervention chirurgicale.
- Etant donné que les corticostéroïdes augmentent le risque d’infections,
la vaccination saisonnière contre l’influenza, le pneumocoque et le
COVID-19 est préconisée. Les vaccins vivants sont toutefois contre-indiqués
chez les patients traités avec des corticostéroïdes. En prévision
d’un traitement systémique prolongé, il peut être utile de s’assurer
que le patient est immunisé contre la varicelle et de proposer, le
cas échéant, une vaccination.
- Des effets indésirables systémiques sont fréquents en cas d’utilisations
répétées in situ (p.ex. intra-articulaires) et peuvent également
survenir en cas d'application prolongée de doses élevées de corticostéroïdes
au niveau de la peau ou des muqueuses, et en cas d'inhalation (voir 4.1. Asthme
et BPCO, 15. Dermatologie, 16. Ophtalmologie et 17. Oto-Rhino-Laryngologie).